Le testament français, entre poésie et littérature franco-russe

IMG_20160103_193340Ne grimacez pas. Le titre n’évoque pas forcément le bonheur et la gaieté, mais cette autobiographie vaut le détour. 

C’est une véritable ode, à la France et à la Russie, qui a connue son heure de gloire en 1995 en gagnant le Prix Médicis et le Prix Goncourt des Lycéens.

Dès les premières lignes, le lecteur se retrouve perché sur un balcon au dessus de l’immensité de la steppe sibérienne, au côté de l’auteur, Andreï Makine et sa sœur, à écouter Charlotte, leur grand-mère, qui leur parle d’un Paris d’antan. 

Un récit plein de poésie qui, pages après pages, histoires après histoires, nous donne l’impression de voir émerger la ville lumière au milieu du grand lac qui fait face au balcon. Là, telle la cité perdue de l’Altantide, Paris nous laisse rêveur et nous envoûte. Un Paris lumineux, rayonnant, presque aussi innocent que celui que nous conte Ernest Hemingway dans « Paris est une fête ». On s’émerveille comme l’enfant qu’est l’auteur devant une France idéalisée.

Puis vient l’adolescence. Au fur et à mesure que Charlotte sort des vieux journaux de sa valise poussiéreuse cachée sous son lit, on découvre une autre facette de Paris. Plus violente, plus secrète, plus politique, qui vient briser toute notre imagination. On ressent alors le poids de la double culture. Un univers franco-russe que Makine va rejeter et que l’on va presque détester. 

A l’âge adulte, le jeune homme y reprend goût, il l’apprivoise et le lecteur la comprend. 

IMG_20160103_194455

Le testament français porte bien son nom. Bien ficelé, il pose une énigme dès la première page qui ne sera résolue qu’à la dernière. 

L’écriture légère et toute en rondeur de l’auteur est comme un chant de sirène qui nous attire lentement vers les abysses. On y découvre une autre Russie, bien loin des stéréotypes franco-français. Un pays meurtri par les transitions politiques mais pourtant si beau. Un pays que l’on a envie d’adopter, comme l’a fait Andreï Makine avec la France. 

Ce n’est pas une perle rare de la littérature, ni un best-seller mais il y a là une belle histoire rythmée comme une valse à trois temps qui nous transporte sans nous lasser jusqu’à sa chute. 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s