Photographe freelance: un vrai métier comme les autres

Aujourd’hui je change un peu de registre et je me lance dans un petit billet d’humeur. Des fois ça fait du bien de dire ce que l’on a sur le coeur.

Vous vous en doutez surement au vu du titre, je suis photographe et je me lance petit à petit dans l’aventure freelance, statut professionnel parfois conceptuel. Pas de panique, je ne compte pas faire de sermon, ni d’article inquisiteur. Juste expliquer.

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Crédit photo Dunham photographies

Une découverte

La photographie et moi, c’est une longue histoire. Tout a commencé quand ma marraine, vivant au Japon m’a envoyé un Kodak rose Hello Kitty. Le combo gagnant. C’est là que j’ai commencé à aimer la photo.

Les années sont passées, les pellicules ont été développées et les tirages, parfois bien ratés, il faut bien l’avouer. J’ai continué à aimer la photo grâce à une de mes mamies qui, par un beau jour d’été à la Baule, a déniché dans ces vieux cartons un appareil, au nom que j’ai oublié, à flash ampoule que l’on change toutes les cinq photos. Il était génial cet appareil mais la prise en main a été plus qu’approximative…

Et puis un jour, le déclic. C’était à Cayenne, j’avais 13 ans et mon papa m’a offert son canon AE-1. Révélation dans mes mains. C’est là que la photo est passée du passe-temps à la passion.

Cet appareil je l’ai toujours. Il est régulièrement dans mon sac, il sert parfois le temps d’une photo, juste pour le plaisir d’entendre le bruit de l’appareil argentique.

C’est à partir de ce cadeau que j’ai su vers où aller. Je ne dis pas que j’ai su tout de suite que je ferais ce métier, j’ai juste su qu’il ferait partie intégrante de mon épanouissement professionnel.

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Un projet professionnel et le parcours du combattant

Au départ, il n’était pas question de devenir photographe mais de trouver comment devenir photojournaliste.

Du haut de mes 16 ans et de ma fainéantise de lycéenne, je savais à peine que l’on pouvait devenir photographe professionnel pour la simple et bonne raison que ce ne sont pas des choses que l’on explique aux enfants. Devient comptable, chargée de clientèle, ingénieure, institutrice, commerciale pourquoi pas mais mon enfant, pas photographe. Un de ces métiers d’art où il est compliqué de faire son trou et d’en vivre.

Pourtant, ce sont parfois ces mêmes enfants devenus grands qui immortaliseront certains des plus beaux moments de votre vie.

 

J’ai quand même foncé tête baissée, prête à me heurter au mur qu’étaient mes parents. Oh je ne leur jette pas la pierre, loin de là. Je leur en ai voulu sur le coup mais je sais qu’ils m’ont toujours soutenu quoi que je fasse (aujourd’hui ils sont mes premiers fan ahah). Et puis qui sait, j’aurai peut-être… je ferais peut-être pareil avec mes enfants. Vouloir ce qu’il y a de mieux pour ses petits c’est naturel.

Sac à dos Eastpak sur le dos et Vans aux pieds, je suis passée par une filière littéraire qui faisait certainement plus peur à mes parents qu’autre chose, je me suis ensuite cassé les dents en fac d’Histoire, j’ai abandonné l’idée de récupérer un jour mon sommeil en retard en suivant un double cursus formation photo sur trois ans et DUT Infocom et j’ai finalement terminé mon parcours par un master métiers des médias numériques en juin 2017.

Pas de voie royale comme on dit, juste un prêt étude et la fac. Et je ne regrette rien.

Je me lève tous les matins en me disant que j’ai de la chance mais…

Si vous saviez comme c’est chouette de faire un métier passion. C’est dur, mais qu’est-ce que c’est chouette. Pour que cela le soit encore plus, il faudrait que la société pose un autre regard sur le statut de freelance. Pas seulement les photographes, il y en a dans la communication, l’édition, et j’en passe.

En ce qui concerne le photographe, on fait appel à lui pour conserver une trace d’instant que l’on veut chérir pour toujours. Hormis ces moments où l’on en a besoin, on oublie vite que photographe est un vrai métier.

 

Régulièrement j’entends « oui enfin il n’y a pas besoin de faire des études pour appuyer sur un bouton », « moi aussi je suis un peu photographe, j’ai une Iphone (ou un reflex) », « il fait de superbes photos ton appareil », « oh allez on se connaît, tu peux bien me faire ça gratuitement » ou la meilleure « quoi?! mais c’est super cher pour quelques photos! ».

Vous accepteriez vous de travailler ou de faire des heures supplémentaires gratuitement? Pas sûre!

Mais qu’importe. En étant photographe freelance, je me compare souvent à un iceberg. On ne voit que la partie immergée, celle de la personne qui appuie sur un bouton. Et en dessous, il y a tellement plus. Il y a le temps que l’on consacre aux personnes qui vont se trouver l’autre côté de l’objectif, le temps que l’on passe à faire vivre son auto-entreprise (comptabilité, rendez-vous, paperasse administrative en tous genres) et il y a les heures de traitement post prise de vue que l’on soigne pour vos sourires, vos larmes de joie parfois même.

 

Ça fait un bien fou de savoir les autres heureux parce que vous avez fait du bon boulot. Et quand on reçoit vos remerciements, vos faire-parts, vos biscuits maison, c’est l’apothéose, l’extase totale.

C’est pour ça que j’aime mon métier, pour ces moments de bonheur que l’on partage avec vous! Si vous êtes heureux, je le suis aussi.

Tout travail mérite salaire (quel que soit le statut pro)

Si dans vos proches vous avez des photographes, il y a des très grandes chances qu’ils shootent pour vous sans rien demander en retour. Moi la première!

Mais ça fait tellement plaisir d’entendre que vous voulez faire un geste même. Personnellement j’y comprends « je reconnais que ce que tu fais c’est du boulot ». Et ça fait chaud au coeur!

Dans le sens inverse, si vous saviez comme c’est blessant d’entendre des choses comme  » je ne vais certainement pas payer un photographe, ça coûte trop cher et puis tu peux me faire des photos toi »…

Être ou devenir freelance, ne signifie pas qu’on est amateur, qu’on fait ça pour notre bon plaisir, mais bien qu’on en vit. Ce que vous verser à un freelance (photographe, chargée de com, relations presse ou autres) c’est son salaire avec les charges qu’il doit régler.

On a la chance de gérer notre planning certes. Si un jour j’ai une baisse de régime et je décide d’en faire moins ou pas du tout, je peux (mais il va falloir cravacher pour rattraper le temps perdu derrière). Il faut aussi comprendre qu’on ne fait pas des photos tous les jours, comme on pourrait aller au travail, il y a des semaines voire des mois sans travail et donc sans salaires. C’est le risque de ce mode de vie.

C’est quelque chose à gardez ça à l’esprit quand on fait appel à un freelance. 🙂

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Crédit photo: Aurore DUPLESSIS

 

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